CARNET DE ROUTE 2012  

 

PARIS – ETATS-UNIS

MIAMI  

MEXIQUE

CANCUN/PLAYA DEL CARMEN

TULUM

BACALAR

CHETUMAL  

LE BELIZE

CAYE CAULKER

SAN IGNACIO  

GUATEMALA

TIKAL

FLORES  

MEXIQUE

PALENQUE

CAMPECHE

VALLADOLID

ISLA HOLBOX

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première étape

 

Ainsi, vous passez par Miami ? Ouah !
Dans les yeux, des étoiles scintillent. Le mot, seul, agite les grelots de l'envie et la magie opère. Notre cerveau réactive la jolie carte postale virtuelle engrangée dans les tréfonds de la mémoire et sublime les images.

 

Je ne sais rien de cette ville, ou si peu, que le désir de m'y perdre ne m'attire que très moyennement. Buildings à perte de vue, le long d'une plage artificielle n'excite pas chez moi l'euphorie du voyage, mais l'avion qui m'emmène à Cancun atterrit d'abord à Miami, alors je dépose mes bagages et m'envole au paradis du business.
Quand je dis Je, c'est Nous – car nous sommes deux – Maurice fait partie du voyage et cette année, pas d'angoisse au départ – pas de passeport oublié, pas de passeport périmé. Everything's OK.
Nous arrivons à Miami entre chien et loup – 18h. Les lumières s'allument. C'est magique – violet, jaune, rouge, vert, bleu – Les couleurs irisent les parois de verre des immeubles, qui se reflètent dans l'immensité de l'eau qui les emprisonne.

Tous mes préjugés s'effondrent et le charme opère. On se cale dans le taxi pour 45 minutes de spectacle.

 

Nous ne savons rien de l'hôtel ( réservation sur Internet ) A nos risques et périls. Dans notre cas, c'est tout bonus. Ocean Drive – The best street – face à la mer. Les palmiers sont perlés de milliers de petites lampes blanches. Les restaurants et les bars (nombreux) ont pris le parti de jouer la carte du luxe – Eclairage tamisé, ambiance festive –
Les voitures roulent lentement, se pavanent – c'est la parade du fric sans limites. Les pare-chocs rutilent de dollars. La différence entre eux et nous s'affichent avec panache. Le cocorico français ne chante plus. Il vient de réaliser l'étendue de sa pauvreté.
Dollars propres ? Dollars sales ?
On dépose les bagages – il est 20 heures – Il fait près de 28 degrés – Hors de question que l'on dorme – On ressort pour un spectacle en live. Du bon, du mauvais, de l'excentrique, du gros, du gras, du grand, du petit, des filles quasi nues, des gays qui promènent leur chien-chien, des français (beaucoup) venus chercher fortune (ils ont raison).
On nous dit que l'économie est plutôt ralentie, Mille milliards de tonnerres de Brest, s'ils étaient en France, ils verraient.
L'argent file, coule entre nos mains comme l'eau des rivières. On fait nos comptes, on s'aperçoit très vite aux dollars laissés sur le tapis qu'on est au casino de l'argent et que cela tournera vite à la banqueroute si l'on ne fait rien :
•  2 bières 20 euros •  2 cafés 15 euros •  1 repas fait de petits riens 25euros •  2 simples petits déjeuners : 25 euros  
A ce tarif, on panique. C'est ici et maintenant que nous décidons de commencer notre cure d'amaigrissement. On débute par un repas pour deux – Rassurez vous les quantités de nourriture sont telles qu'on ne mourra pas de faim.  
Au programme ; « Les Everglades »
On m'en avait tant parlé que je m'étais imaginée volant au-dessus des étendues d'eau herbeuses tel Jésus marchant sur l'eau. On mise sur un tour dont on nous vente les mérites – A l'arrivée sur le site, on sent l'arnaque–
On nous canalise vers le bateau pour 10 mn de traversée, puis tout le monde descend vers…. La ferme aux …..crocodiles ! Ah non pas ça ! Nous y aurons droit qu'on le veuille ou non et boirons un mauvais spectacle jusqu'à la lie. Et en prime, n'oubliez pas le pourboire !
Là, on n'adhère pas et on dit qu'on est fauché. De toute façon, aux E.U. les français sont réputés pour cela. Alors on reste dans la norme.

 

On terminera la journée en vélo par la découverte des beaux quartiers, villas de stars, de businessman pour faire un bilan affligeant que même les riches de France sont pauvres au regard de Miami.
Le temps c'est de l'argent. Ici, j'ai compris ce que ce dicton signifiait. Donc après quatre jours à Miami, on décolle pour le Mexique. Cela reposera notre CB qui a attrapé la folie des grandeurs
Bye bye Miami – Buenos dias Mexico.

 

MEXIQUE
Deuxième étape

 :

 

 

Playa del Carmen je n'y reviendrai jamais ! On ne devrait pas dire ce genre d'âneries - Mais voilà, nous y sommes pour la troisième fois et contents d'y être. Le problème de Playa – trop de gros – trop de gras – trop de gens indélicats, trop de tourisme de masse.
Nous y retrouvons notre petit hôtel, niché sous la végétation luxuriante de son patio. Rien n'a changé, ni ses prix, ni la simplicité extrême des chambres. Au plafond, un ventilateur tourne ses pales. J'aime cette douce brise. On pourrait se laisser bercer des heures entières en attendant l'heure fraîche.
Première journée de pluie. Je suis plongée dans le livre de Sylvain Tesson « Dans les forêts de Sibérie ». Son truc à lui, c'est le froid, la neige, la solitude. Nous sommes aux antipodes. Ici, c'est le soleil, la chaleur, la foule.
La pluie s'intensifie. Je poursuis la quête de Tesson. Prendre le temps, apprécier chaque instant que la nature distille, savoir sourire à la pluie, au soleil, aux saisons, aux arbres, à ce qui chaque jour crée autour de nous la paix de l'âme et du corps. Tout le reste est contre nature, artificiel.
Repliée dans la chambre depuis ce matin, il est près de 15 heures, je m'efforce de suivre sa philosophie. Pas facile. Je lis, j'écris, je réfléchis, je regarde les arbres s'égoutter de plaisir. Je n'avais jamais autant regardé la pluie tomber. Les feuilles des palmiers, des bougainvilliers sont dans l'exubérance. Elles se pavanent, se donnent à la pluie comme des filles de joie. Elles boivent chaque goutte avec avidité. La pluie les rend belles, éclatantes, séduisantes. Demain, elles s'offriront au soleil dans leur plus bel attrait. Elles accompagneront alors le voyageur le long des rues écrasées de soleil, protégeront les enfants de leurs palmes généreuses et apaiseront les vieillards fatigués de trop de chaleur.
Attends-moi Sylvain, je n'ai pas terminé ton histoire, je te rejoins bientôt dans les pages du livre, enfin de mon reader ; Seulement cela ne va pas être facile pour s'y glisser. Je ne pourrais hélas qu'effleurer doucement les lignes de tes mots au travers de la vitre qui nous sépare.
Maurice ne dit mot, assis sous la terrasse. Il semble qu'il soit embourbé dans une histoire d'une tristesse hallucinante. Celle de pécheurs de morue en Islande, partis pécher par des froids sibériens et qui ne reviennent jamais, happés par les naufrages incessants. Décidément, tout cela n'est pas très gai.
Playa se transforme, se modernise, s'enmarchandise. (ça, je viens de l'inventer) Beaucoup trop de supermarchés à l'américaine. Le développement outrancier est en marche. S'il restait encore quelques jolies places, elles commencent à étouffer sous le gigantisme des grandes surfaces.
Si vous ne connaissez pas Playa, imaginez une rue – vous la prenez le matin vers 10 heures, à midi vous êtes à mi-chemin, le temps de déjeuner, il est presque 16 h et vous arrivez au point ultime, juste le temps de faire demi-tour et de prendre le sens inverse pour arriver à votre hôtel pour diner. De part et d'autre de la rue, des restaurants, des bars, des boutiques, des restaurants, des bars, des boutiques et le soir des mariachis qui nous pompent les quelques derniers pesos qui nous restent après être passés par toutes les tentations possibles.
Et puis, il y a la mer, bordée de sable blanc, très collant, importé de je ne sais quel endroit. Cependant, cette place artificielle semble bien fragile. Chaque tempête voit le sable emporté. Peut-être retourne-t'il là où il a été enlevé. J'aime bien cette image du retour à la maison.
Malgré tout cela, on aime Playa, pour quelques jours seulement. C'est une ville d'investisseurs qui n'a aucune histoire, aucun passé, mais qui s'est inventée une belle image.
Playa n'a rien à voir avec le Mexique, c'est autre chose, c'est Dysney Land avec tous les clichés empruntés au Mayas, aux Aztèques, Tolteques, Zapothèques et z'hypothèques (non là, je me suis laissée aller)
Cette année, on n'a pas de projet précis. On décide toutefois de tenter la traversée du Belize et du Guatémala, deux pays qui accusent une grande pauvreté, mais recèlent des sites absolument merveilleux.
Donc destination le Sud vers TULUM.

 

 

Troisième étape

 

Une impression de décor vieillot terni par les fumées des camions qui inlassablement traversent la ville. Ce ne devait être autrefois qu'un chemin de terre, c'est devenu un sempiternel va et vient de « trucks »,qui dans un boucan d'enfer sillonnent la ville. Ce qui attire à Tulum, outre « las ruinas », ce sont essentiellement les plages de sable fin, la mer aux eaux chaudes et limpides et la couleur bleue des lagons. Ohlala ! Cette couleur ! C'est grandiose. On resterait des heures entières à admirer ce paysage. Et les touristes ne s'y trompent pas, ils résident pour la plupart dans les jolies cabanas, bien chères qui bordent la plage.
Le « hic », c'est que là où c'est beau, c'est le bout du monde (5km de la ville à la plage) et pour se nourrir, il faut aller à la ville et là c'est le piège.
Hep taxi – A/R 15 € et pas de minibus car les taxis ont « blindé » leur business de fait qu'eux seuls sont habilités à transporter les « gogos de touristes » que nous sommes. On peut louer des vélos certes. Ce que nous avons fait. Cependant les vélos sont si pourris, que la chaîne de celui de Maurice casse en cours de route. On est obligé de prendre un taxi et la boucle est bouclée.

 

 

 

L'hôtel qui nous héberge, n'est pas près des plages, car pas les moyens mais est néanmoins fort agréable. Patio planté de palmiers, décoration à la mexicaine. L'authenticité de ces petits hôtels nous séduira toujours avec parfois quelques bémols ; Les gérants de cet établissement ne seront pas très coopératifs.
Pour toutes questions : « No sabemos - No tenemos » - Traduction : « nous ne savons pas, nous n'avons pas », Autrement dit : Vos problèmes : « on s'en fout »
Bah, on se renseignera ailleurs. On devient philosophe au Mexique.

 

Le seul site que nous n'ayons pas encore visité autour de Tulum est Coba. On décide de s'y rendre. L'arrivée est des plus déprimantes. Une vingtaine de bus attendent au pied du site – On fait un rapide calcul 20x60 + les centaines de voitures particulières en stationnement, cela fait au minimum 2 à 3 mille personnes sur le site. Et ça se vérifie.
A pied, en vélo, en tuk-tuk, (sorte de triporteur), la fourmilière est en marche vers un même point, la grande pyramide. Adrénaline 100% garantie.

 

Je me prends à rêver à un grand sacrifice. Il suffirait qu'un d'entre-eux ratent la marche et …… Quel bel hommage que tout ce sang offert pour honorer l'âme des mayas… Bon, je sens que vous n'êtes pas d'accord, et bien on quitte les lieux.

 

 

C'est dommage pour Coba, mais quand cela devient Disney Land, on ne supporte pas. Il y a tant d'autres sites plus intimes mais ceux-là nous les tairons de crainte qu'ils ne soient bientôt envahis.

Quatrième étape

 

On avale facilement les trois heures de route. L'arrivée est plutôt étrange. Des gens à la mine patibulaire nous regardent descendre du car. On est deux. Maurice et moi. On se demande ce qu'on est venu faire ici. Pas de gare routière, pas de taxi. On a pourtant réservé un hôtel dans cette bourgade, alors on demande. Pas de réaction. On reformule la question autrement. On ne doit pas avoir les mêmes codes.
Pouvez vous nous dire où se trouve l'hôtel…..
Face de lune maya nous regarde impassible, pas même un frétillement au niveau du cerveau.
On est face à face. On attend la réponse.. C'est long 5 secondes …on attendra jusqu'à 10.
On reformule la question autrement. Trou pique et pique et colégramme … le premier de nous deux qui rira ….
Non, je crois que c'est pas la bonne formule. Face de lune ne rit pas.
On remarquera plus tard que pour une question posée, il faut 3 cerveaux mayas. Le premier qui ne comprend pas, le second qui comprend et explique mais qui ne sait pas et le troisième qui sait et ils sont contents d'avoir trouver la bonne réponse et ils rient ; Mais oui, l'hôtel existe oui, oui, oui, et il n' est très très loin ? non, non, non, mais apparemment, ils n'ont pas l'intention de nous y emmener. Ils visent autre chose. Un endroit de rêve selon eux. On ne les contredira pas. En deux temps trois mouvements, nos bagages sont embarqués dans un taxi et comme par magie on se retrouve devant un lieu idyllique. L'hôtel est tout jaune, tout violet dominant une pelouse toute verte tout cela sur fond de lagune toute bleue. Le prix ? Ah oui, un peu plus cher que prévu, mais aucun regret on alig ne 200 pesos de plus.
On s'apercevra plus tard que l'hôtel que nous avions préalablement choisi était situé deux rues plus hauts. Mais allez comprendre ?

 

 

On aurait pu aller se coucher sans manger mais avec toutes ces péripéties, on a faim et on souhaite aussi visiter le bourg. Il parait que c'est tout près mais là on se méfie car « le tout près  mexicain » n'est pas le même que le « tout près » français. Il peut parfois être différent de plusieurs kilomètres.
On part donc, à pied, le long de la lagune, on longe quelques jolies maisons hélas clôturées par des tubes en PVC de toutes dimensions, apparemment « très tendance » dans ce coin.
On marche déjà depuis plus d'une demi-heure et pas l'ombre d'une boutique ou d'un restaurant. Enfin on touche au but, après avoir marché plus de 3km. A l'arrivée, il nous faudra vite un remontant, on ira même jusqu'à deux. Il fallait bien cela.
La place de Bacalar ne manque pas de charme. Quelques touristes jouent les figurants dans un décor assez dénudé.
18h30 trop tôt pour diner et on ne se sent pas le courage de refaire le même chemin en nocturne. Pas grave, on jeunera. Sans voiture, la situation de l'hôtel n'est pas idéale.
A la nuit tombée, il règne dans les rues une ambiance lascive. Je retiendrai la présence d'hommes avachis au regard vague et ceci me ramènera à une chanson de J.Brel, « ils n'ont plus d'illusions sur ce qui les attend ».
Au retour, on veut prendre un raccourci et on se perd dans des rues faiblement éclairées. On rajoute des kms aux kms et dans le noir tout cela parait très très long. Maurice fatigue et peine à faire de l'humour. Etrange non !

 

 

Mais tout cela se terminera bien. On mangera un épi de maïs pour deux, un paquet de bananes séchés et on s'endormira enfin pas tout à fait car dans un ultime effort de réflexion on décidera que demain on lèvera le camp.
Dommage, car au petit matin, un paysage ravissant s'offre à nous, mais ne remet pas en question notre départ.
A la réception, on demande un taxi :
Réponse « nos tenemos ». Cela ne vous rappelle rien ? Nous si. Restons zen. On trouvera bien une solution.

 

 

Cinquième étape

 

 

Voilà plusieurs années que cela nous titillait d'aller dans ces régions d'Amérique Centrale et que l'on nous déconseillait pour des raisons d'insécurité,. Mais cette année on a décidé de braver la rumeur et d'aller constater tout cela  par nous-mêmes. Mieux vaut mourir en bonne santé au milieu d'une végétation luxuriante que baveux dans un lit d'hôpital sans personne autour de soi. C'est peut-être pas l'avis de ma cousine Liliane. Vous ne la connaissez pas ? Tant pis pour vous.  

Bye bye le Mexique, Bonjour le Belize  

Pas si vite. Il faut d'abord quitter le Mexique et pour cela, passer par le poste frontière. Selon le guide du routard, je cite : pour entrer et sortir du Mexique, pas de taxe à payer. Mauvaise pioche c'est 300 pesos par personne soit 15€ . Maurice tente de palabrer et bla bla bla et bla bla bla. Le mec s'en fout – si pas payer ,pas passer : Et voilà on paie – on passe et 600 pesos pas prévu au budget. Et pas de reçu non plus.
On va donc pouvoir embarquer.
Pas si vite.
L'armée vient d'arriver à bord d'un camion blindé. 5 à 6 bonshommes descendent, mitraillettes débandées et font face à la trentaine de touristes éberlués. Ils nous somment de nous mettre en file maya et de jeter nos sacs loin devant nous. Là, chacun se tait. On n'a pas intérêt à faire les fanfarons car on pourrait bien finir en nourriture aux poissons. Les visages sont tendus, les secondes durent des siècles. On ne rigole plus.
Contrôle de la drogue. Ouf ! Des chiens, sortis de je ne sais où se précipitent sur nos sacs en les reniflant. C'est fou l'effet que ça fait, car même si on n'est pas consommateur, ni passeur de drogue, et que même si on est sûr sûr sûr de ne pas en avoir dans son sac, on a peur qu'ils en trouvent.
Contrôle terminé – On se rue sur nos sacs.
Pas si vite.On a droit à un second tour – Ils changent de chiens et respirez- moi ça!
On finit pas s'impatienter – ça commence à bouger chez les touristes, impatients d'arriver à bon port.
Enfin, on embarque sur un bateau express sur une mer chahutée – ça va taper, cogner durant deux heures de mer.

 

Sixième étape  

 

Petit cours d'histoire. Savez vous qui est le chef d'Etat du Belize ? Si on ne sait pas on retourne à la case départ : La reine d'Angleterre !
Eh oui, le Belize est sous protectorat anglais et ce petit pays, un de plus pauvre au monde, servait de base aux anglais pour importer des esclaves noirs. Forcément !
On aurait pu aller à Belize city, par la route, mais c'était trop simple, on a choisi de visiter les iles plus au large et plus particulièrement Caye Caulker.
Et là, je sens que Maurice est prêt à me dire : « et là, je te préviens, je n'irai pas plus loin, et je te le dis … » Décidément, J.Brel s'accorde bien avec l'aventure.
Mais avant d'arriver à notre atoll, on doit passer pas la frontière du Belize. Et oui. La grande parade reprend.
Tous les bagages ressortent des cales et nous avec. On nous remet en file maya – la même que l'indienne rassurez-vous – La première impression à l'arrivée de l'ile sait que l'Afrique n'est pas loin. C'est le bordel.
Le poste frontière est une cabane en bois assez déglinguée – Deux chicas sont derrière une planche – l'une tamponne, l'autre nous demande où l'on va. Où peut-on aller si le bateau qui nous attend va à Caye Caulker. Et nous de répondre à Caye Caulker. Et la chica de nous sourire et de nous souhaiter Bon voyage et bienvenue au Belize. C'est con hein mais tout le monde est heureux.
On attend encore longtemps je ne sais quoi car savez vous ce qu'il faudra faire ensuite? On reprendra nos bagages et on les remettra dans les soutes et nous avec.
C'est pas de l'organisation çà ?

 

On a tant tardé, qu'on arrive à la nuit et on n'a pas d'hôtel. Un tuk tuk (sorte de voiturette de golf) nous emmène. On lui explique notre problème d'hôtel et d'emblée, il nous raconte qu'il n'y a pas de place disponible, que c'est la pleine saison mais il se peut qu'il y ait une chambre de libre à l'hôtel tenu pas des chinois. On suit forcément mais on n'a pas le choix mais les chinois on se méfie et on a raison. 100 euros, la chambre. On ne marche pas. On reprend le tuk tuk pour se diriger vers une chambre d'hôte – prix 25 euros – Cela nous semble très cher mais on accepte, on ne peut plus jouer les difficiles.
On dépose nos bagages car la chambre n'est pas prête, cela nous semble étrange surtour à 8 heures du soir, mais on n'est pas encore habitués aux habitudes du Belize. On part diner – Plein de petits restaurants qui sentent bon la cuisine à la plancha. On opte pour des crevettes grillées, miam miam et un verre de vin rouge – comme des riches sauf que Cendrillon rentre après minuit et la chambre qu'elle découvre ne la fait pas sourire, encore moins au vue de la salle de bain. Pas d'autres choix, on ferme les yeux, on verra demain. Mais la nuit sera longue.
On décide de partir de cette ile de cauchemar, mais auparavant on va tout de même faire un tour. Et le miracle opère.

 

 

A droite, à environ 200 mètres , la mer,
- A gauche, à environ 200m, la mer et nous au milieu,
et bordant la mer, des tas de petits hôtels mignons
qui regardent la mer bleue turquoise
sans baisser les yeux
. Enfoiré de taxi !

Changement de programme. On reste – c'est trop beau.
Pas de route, juste des chemins de sable sur lesquels
on peut marcher pieds nus. Paradise Tropical, nous séduit
– le prix aussi – On lâche tout pour une période indéterminée.

On aurait pu rester jusqu'à la fin de notre séjour, mais le virus de l'inconnu nous reprend, et voilà, on refait nos sacs, Direction San Ignacio, paraît-il une petite ville mignonne, proche du Guatemala, qui semble un point de chute intéressant avant de passer la frontière. On ne s'arrêtera pas à Belize-City – On fera bien, car l'arrivée sur le continent nous a paru très angoissant.

   

 

Caye Caulker – On a A.DO.RE.

 

 

 

Septième étape

 

 

On vient de quitter le paradis, on arrive en enfer à Belize city. La station de bus date des années 50, les bus aussi. Ca sent mauvais, il fait étouffant, la pollution est extrême. On balance nos sacs à dos, on ne réfléchit plus – on monte dans le bus pour un voyage de 3 heures. On est deux visages pâles – le reste est tout noir.
Bon, on va tenter de se faire oublier. Le paysage est assez monotone. Quelques montagnettes à l'approche du Guatemala nous font augurer que San Ignacio sera une jolie petite ville de montagne. On idéalise. L'arrivée se fait dans un foutoir total. Pas de gare routière. On nous déverse avec nos sacs sur un chantier boueux. Le temps de chercher un taxi, on manque de se faire renverser plusieurs fois
Taxi taxi taxi ! foutez nous la paix – autour de nous ça pue, c'est moche, c'est assourdissant – et quand on n'aime pas on n'est pas de bon poil et ça se voit.
On n'a pas d'hôtel, mais on devine tout de suite que rien ne sera à notre goût. On tombe par hasard sur le propriétaire d'un B and B inscrit au guide du routard – ça nous rassure. Il nous emmène chez lui – C'est pas très beau, mais c'est propre. On dit oui vu le prix proposé mais on sait de suite qu'on n'y fera pas de vieux os. Il est si fier de sa maison, de sa ville, de son environnement, qu'il comprend difficilement que nous le quittions aussi vite pour le Guatemala. A l'entendre, ces deux pays nourrissent de vieilles rancunes de possession non encore digérées.
Il nous accompagne jusqu'à la frontière et s'offre sa petite vengeance. Il nous raconte que les guatémaltèques sont des voleurs, que le change sera si défavorable pour nous qu'il vaut mieux changer maintenant. On n'est pas toujours sur nos gardes. On le croit. On change nos dollars – PERDU ce n'était pas vrai.
On aurait du se méfier vu son nom – JR il s'appelait – Ceux qui ont connu le feuilleton Dallas se souviendront.

Le passage de la frontière se fait plutôt cool. Ils nous demandent de l'argent – Maurice refuse et je l'entends tout à coup évoquer une version du style «  mon consulat m'a conseillé de ne pas payer.
Je ne sais pas l'effet que cela a fait sur le caissier, mais il a souri et nous a laissés passer. Bien joué Maurice –

BYE BYE BELIZE – BONJOUR GUATEMALA
 

Huitième étape

El Remate

El Remate, ce n'est ni une ville, ni un village, ni un hameau,
c'est juste quelques petits hôtels et cabanes alimentaires installés en face d'un grand lac
« Le lac Peten Itza » et le long d'une route, la seule, qui mène à Tikal,
un des plus beaux sites mayas, et c'est pourquoi on est là
et c'est pourquoi on a parcouru tant de kilomètres.

 

  Demain sera le grand jour. Il fait beau, ce devrait être magique
Oui, mais durant la nuit, la lune a changé sa face Maya. Il est 5 heures du matin, on ne voit pas de suite le ciel couvert mais quelques gouttes s'annoncent sur le pare-brise du taxi. On est confiant – on a intérêt car on n'a pris aucune protection de pluie – tout est resté dans le sac à dos. Pluie du matin n'empêche pas le pèlerin oui mais en quelques secondes une averse tropicale s'abat sur la route. Là notre confiance prend du mou. Pas d'inquiétude, nous dit-on, les pluies tropicales s'arrêtent avec le lever du soleil et la magie opère Gracias à Dios. l est 6h30 du matin un pâle soleil traverse la végétation encore revêtue de milliers de perles d'eau. C'est fascinant. On est seul ou presque, et cela donne une majestueuse grandeur au lieu que nous découvrons.

 

 

Soudain, apparait le joyau. On reste figé devant cette beauté qui se dévoile au travers des brumes matinales. Toutes paroles, toutes descriptions ne pourront jamais soutenir la complexité des émotions qui nous chavirent. On s'assoit, on regarde, on se tait. Il est des lieux où les mots sont superflus et celui-ci en est un.

 

Il est 10 heures du matin, on marche depuis le lever du soleil. Et revoilà la pluie, fine, légère. Maurice commence à fatiguer, et la pluie ne lui dit rien qui vaille. Il hèle une camionnette du parc qui passait là, par un heureux hasard. Je décide de poursuivre, portée par une confiance à toute épreuve quant à la météo à venir.
Mais de nouveau, la pluie s'abat à grand renfort de claquettes. Je m'abrite dans les toilettes qui jouent les bienvenues. Un responsable de la propreté attend la fin de l'averse. Etant donné que j'ai horreur du vide, j'entame la conversation. Et bla bla bla, et bla bla bla. La pluie joue les prolongations. Il me demande si j'ai déjà photographié une tarentule. Pas que je sache. Il m'abandonne quelques instants et revient, avec sur la main, devinez quoi ?

 

 

 

Bon, la pluie semble se calmer. Je vais tente de poursuivre la visite vers « el mundo perdido » - le « monde perdu ». Mais les escaliers de pierre sont trop glissants, mes chaussures pas adaptées et je suis seule, donc pas d'imprudence. Je rebrousse chemin. La pluie reprend de plus belle. Je me rends à l'évidence, je vais rejoindre Maurice qui doit commence à paniquer. Des trombes d'eau s'abattent sur la forêt.

 

En quelques secondes, les chemins prennent l'allure de ruisseaux. C'est là où parler espagnol est une grande richesse, car le chemin n'est pas aisé. Je descends un sentier en pente raide, de puissantes racines s'enchevêtrent et bloquent parfois le chemin. Je dois escalader. Je descends vite et c'est là où je retrouve les bienfaits de la marche hebdomadaire avec mon groupe de copines. Je pense à elles à cet instant et cela m'aide à descendre de plus en plus vite. Un croisement s'offre à moi – à droite – à gauche – un groupe de touristes détrempés sous des sacs poubelles écoutent encore religieusement les explications du guide. Disculpé, l'hôtel « el mason » ? Ouf j'y suis. Il était temps. Un rideau de pluie voile le paysage. Je cherche Maurice. Il n'est pas là. On me dit qu'il vient de partir à ma recherche. Oh merde ! c'est pas vrai ! Je ne peux rien faire. Il pleut vraiment trop. J'attends. Jamais, je n'ai vu une pluie d'une telle intensité. C'est beau à l'abri. Les arbres paraissent adorer se faire masser par cette pluie battante.

 

 

L'histoire s'est bien terminée puisqu'on s'est retrouvés et l'on pourrait imaginer une fin de film ou l'on verrait s'éloigner un couple main dans la main sous le soleil revenu. Mais pas du tout, il faudra attendre plusieurs heures avant que ne s'arrête la pluie. Dommage pour nous et notre rêve inachevé.

 

 

Neuvième étape

 

 

 

 

On poursuit notre voyage un tantinet nostalgique vers une ile, posée sur le lac de Peten Itza, qui doit faire environ 2 km de pourtour ; Beaucoup de petits hôtels charmants, colorés et boutiques d'artisanat bordent la rue qui entoure l'ile.

 

 

 

On y croise beaucoup de jeunes routards, chargés d'immenses sacs à dos. Ici, pas de valises à roulettes, enfin on n'en a pas croisés. Florès s'éveille la nuit. De nombreux bars ouvrent leurs portes. La bière coule à flot. Si tu prends 5 bouteilles la 6 ème est gratuite. A ce moment là, les yeux commencent à rouler, la voix à monter et l'esprit à divaguer. On est parmi les plus vieux à fréquenter les bars, mais à ce train là, on ne les suit pas
Le temps n'est pas idyllique. La pluie persiste par intermittence et les montagnes sont brumeuses. On attendra quelques jours avant de reprendre la route qui promet d'être difficile en raison des pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays. On appréhende, il faut s'y préparer.

 

 

 

 

 

 

Les 150 kms de route que nous allons parcourir vont nous révéler la pauvreté du pays : L'habitat est en grande partie constitué de planches à peine isolées non pas du froid mais de l'humidité car le nord du Guatemala est un vaste marécage où s'accumulent les eaux des montagnes. De quoi vivent-ils sur cette terre hostile ? Ils offrent leur main-d'œuvre à la journée pour la récolte des goyaves plantés à perte de vue. Il faut savoir que 90% des terres appartiennent à deux propriétaires. Les quelques bourgades traversées offrent un triste visage, engluée de boue.

 

 

 

Dixième étape

 

PALENQUE

 

On avait vu juste, quitter le Guatemala c'est une initiation au « Camel Trophy ». Une piste défoncée, des rivières qui débordent, des pistes qui n'en sont plus, des trous qui se creusent. Bref 100 kilomètres en six heures. Enfin, on arrive au poste frontière. Une cabane au milieu de rien et un fonctionnaire des frontières. Il est question de nouveau de payer pour sortir du pays. Notre tour arrive, et voilà que Maurice remet sur le tapis, l'histoire du consulat qui ne veut pas que l'on paie quoi que ce soit. Et bien savez vous ? ça a encore marché et forcément on ne paie rien.

 

Le Mexique est de l'autre coté de l'eau, mais avant cela, nous devons prendre une embarcation et remonter la rivière sur un petit bateau pas très stable. On n'est pas trop rassuré mais on n'a pas le choix.

Et nous voilà partis pour le Mexique. Au poste frontière on s'attendait à retrouver le même cinéma qu'au sortir du Mexique, mais non, tout se passe fort bien.

 

On remonte dans le mini bus pour 150 km à travers la forêt tropicale. Il est midi, on a déjà fait 5 heures de trajet. On commence à avoir le dos en compote et surtout on a faim. On grignote depuis ce matin, des biscuits, des bananes, des biscuits ah ! on n'a plus de bananes. Enfin plus que 5 heures et la galère sera terminée. Pas si vite :
Une pancarte nous annonce « vous êtes sur le territoire des indiens Lacandons ». Les lacandons sont en quelque sorte des rebelles qui se sont enfuis devant les tentatives de conversion des conquistadors, souhaitant conserver leurs coutumes et leurs rites. (voir le site Mexique-voyage.com – les lacandons).
En 1972, le gouvernement mexicain décide de leur octroyer un territoire de plusieurs milliers d'hectares. Mais cette mise à l'écart, voulue, coûte cher et ils ont trouvé une proie plutôt docile : les touristes.
Donc dès la sortie du village, alors qu'on se croyait sorti du pétrin, on se retrouve face à face devant une barrière humaine empêchant les mini-cars de poursuivre leur route. Fort aimablement, le chef du village nous salue à l'indienne et toujours fort aimablement nous demande un droit de traverser leur territoire. Stupéfaction des touristes que nous sommes, palabres, négociations, rien ni fait. L'homme se campe sur ses positions – si pas payer … pas passer.
On décide à l'unanimité de ne pas payer. Quarante personnes en colère, ça fait du bruit. Pendant ce temps, le chauffeur du bus s'est carapaté, disparu, volatilisé. Il faut se rendre à l'évidence - On est pris en otages.
3 chicas argentines, au sang chaud, pètent les plombs – Maurice intervient « mon consulat m'a dit …. Et bla bla bla, c'est contre la loi et bla bla bla, mais pour le coup ça ne leur fait ni chaud ni froid.
Ils brandissent un texte essayant d'affirmer leur droit – On reste tous solidaires pour ne pas céder. Le temps passe – On devient de moins en moins conciliants. Il fait très chaud dans le car et on a de plus en plus faim et quand l'Homme a faim, il devient plutôt violent. Voilà plus de deux heures que nous sommes retenus et derrière nous, d'autres cars s'accumulent – ça commence à sentir la révolte.
Les lacandons ne s'attendaient pas à ce refus d'ensemble – d'habitude cela doit mieux se passer – Tout à coup, le chauffeur réapparait, monte dans le car, met le contact et le bus repart. On reste perplexe devant ce dénouement et on s'attend à être emmenés au fin fond de la forêt tropicale. Mais non, tout à l'air de se passer le mieux du monde.  
Pas si vite :
On n'a pas fait 20 kilomètres que le mini-bus doit stopper. La police des frontières mitraillettes en bandoulière nous fait signe de descendre. Voilà ça recommence – Cette fois on reste calme. Ils n'ont pas l'air commode. Ils nous font descendre – contrôle des passeports – Cela durera près d'une heure – On est épuisé. Enfin, on a la permission de remonter -
Ce voyage aura duré près de 12 heures – on arrive à Palenque, on n'a pas d'hôtel, mais on connait les lieux – Hep taxi – Direction la forêt tropicale, les singes hurleurs et le superbe site de Palenque.

 

 

 

Et voilà, on a trouvé l'hôtel !

Qu'il est mignon !

J'ai trop parlé, et je vous laisse découvrir

quelques vues des ruines de Palenque

 

 

 

 

 

Nous resterons plusieurs jours dans cet endroit apaisant,
entourés d'arbres millénaires, de plantes exotiques et de singes hurleurs
et Maurice en profitera pour réaliser quelques croquis.

 

 

 

 

 

ONZIEME ETAPE

 

 

 

 

Campêche, classée patrimoine mondial
de l'humanité le vaut bien.
L'histoire a laissé les traces
d'un passé colonial avide de beauté.
Palais aux arcades béantes sur des patios fleuris de plantes flamboyantes, fontaines de fraîcheur qui apaisent les étés caniculaires. De strictes damiers blanc et noir décorent le sol des riches demeures et s'avancent jusque sous les arches des rues, opposant la rigidité des tons aux façades chaulées de couleur exubérante.

 

les jaunes boutons-d'or s'allient au bleu lagon,
les rouge-sang, de celui des hommes morts pour l'indépendance du pays se heurtent aux noirs des jours sans gloire,
des murs couleur de jade, ornés de stuc blanc, rappels d'une époque coloniale lointaine où les rois d'Espagne, de France essayaient de conquérir le Mexique et d'y imposeur leur sceau,
des façades rose fanée délavées par le temps, rose-bonbon fraîchement repeintes, des couleurs fraise-des-bois, framboise, mauve se juxtaposent comme une palette de glaces italiennes.

 

L'harmonie est partout.
De rues en rues, de quartiers en quartiers,
le regard caresse maisons après maisons
la douceur des façades tantôt éclatantes
sous le soleil du midi tantôt teintées
de pastel au coucher du soleil.

 

On chemine sans jamais se perdre. La cathédrale veille. Blanche comme la vierge, elle élève vers le ciel ses deux tours comme deux bras levés pour y accueillir les fidèles.
Le soir venu, autour du parc, merveille des merveilles, on boit, on mange, on joue au loto, on se pose un instant, une heure, deux heures, le temps ne compte plus.
On écoute de la musique pendant que le prêtre officie dans la cathédrale toutes portes ouvertes. Ici on accueille toute la journée, de tôt le matin jusqu'à tard dans la nuit, les fidèles, les prières à l'identique des restaurants et des boutiques ambulantes.
Nourriture terrestre va de pair avec nourriture divine. C'est la vie, la vraie. Il n'y a pas un temps pour ceci ou cela, la séparation n'existe pas. Dieu est partout sur le chemin.

 

 

 

 

A Campêche, le peuple est serein, aimable, gentil, bon enfant à l'image de cette ville. Hommes et femmes vivent ensemble la nation, l'état, la commune, le quartier, le coin de la rue, le petit café, ignorant tout ou presque de ce qui les entoure, de ce qui s'y passe, du monde qui se désagrège. Ils vivent un quotidien difficile, laborieux, qui semble soumis aux aléas de la vie. Ne pas savoir ce que sera demain, ce qu'ils feront est leur faiblesse mais aussi leur force.

 

 

 


Ce jour là, c'était la journée des femmes.
2500 femmes déguisées s'apprêtaient à faire la fête.
Dommage, je n'avais pas de déguisement.

 

Vous l'avez deviné, et on l'a déjà dit,
on adore Campêche.
Mais le temps passe et nos amis nous attendent
à Valladolid.

 

Douxième étape

 

 

 

 

On ne dira pas grand-chose sur Valladolid, non pas parce qu'on n'aime pas, mais parce que on en a déjà beaucoup parlé en bien, en beau,  en surprenant.
C'est peut-être notre quatrième passage ici, mais la vie à Valladolid nous réserve toujours des surprises. Cette année, c'était la fête de l'église « candelaria », alors dans la ville, des processions s'égaillaient – ballons roses, ballons bleues, ballons jaunes – et tous de chanter à tue-tête des chansons joyeuses et pleines d'entrain.

 

 

 

 

Et puis le soir, sur le zocalo, les lumières s'allument,

et on reste des heures à attendre demain.

 

 

 

Treizième étape

 

 

A Isla Holbox, nous ne sommes jamais allés, donc on va vous en parler. Il faut vraiment vouloir aller à Holbox ( prononcer Holboch), petite ile située à 5 heures de Cancun vers le Nord.
On embarque, par un petit matin frais, dans une lancha, pour 30 minutes de traversée. Pas de frénésie à l'arrivée, et surtout pas de précipitation – il est 9h30 du matin et Holbox dort encore. On sent d'emblée une ile qui ne va pas trop nous secouer. C'est très bien car on compte finir notre séjour ici.
Les taxis se font rares, probablement encore endormis. L'ile est large de 500m et longue d'environ trois kilomètres. Les rues sont de sable dur, pas de voitures. Golfettes, velos, pieds-nus. Une impression de Caye Caulker.  
On sait tout de suite que l'on va aimer cette ile, à la vue de notre hôtel. On s'y plait déjà. On jette nos bagages et on va voir le bord de mer. Pas grand monde. Quelques pélicans survolent la plage en nous ignorant, la mer est un lac dont il faut se méfier, car le dernier cyclone qui date de 2005 a submergé l'ile et détruit nombre de constructions qui s'étaient trop rapprochées du bord de mer.

 

 

 

Il faut impérativement reprendre contact avec la réalité qui se chiffre en pesos. On n'a plus d'argent. Pas de soucis nous a-t-on dit, il y a deux distributeurs. On le trouve au premier étage d'un immeuble, bien planqué dans un recoin. Il clignote – c'est bon signe. J'introduis ma carte
Réponse : ne peut pas lire ta carte de crédit
Bon ! changement de carte Réponse : idem.
Maurice pense que j'ai mal fait – forcément. Il introduit la sienne – pas plus malin –
Réponse – no se puede leer tu tarjeta de credito.
Cela ne nous fait pas rire. Un homme est assis un peu plus loin et nous confirme que la machine ne fonctionne pas – pas d'argent.
Alors que faire ? Avec ce qui nous reste, on ne peut pas payer l'hôtel, on ne peut pas non plus reprendre le bateau et encore moins le bus pour repartir à Cancun retirer de l'argent.
C'est un problème nous dit-il en souriant ! Essayez l'autre, un peu plus loin.
Nous poursuivons notre quête. Ha ! Le voila. La réponse nous arrive directe – « ne fonctionne pas ».
Là, on n'est complètement désorienté. Il faut préciser que la plupart des établissements, hôtels, magasins, bars, restaurants, n'acceptent pas le règlement par carte – tout se règle en cash – d'où notre vive inquiétude. On retourne à l'hôtel, expliquer notre cas.

Réponse : C'est un problème dit-elle en souriant.
Question : Alors que faire ?
Réponse : Allez voir le restaurant du coin, peut-être  il pourra vous dépanner?
OK, on suit son conseil – effectivement – dépannage il y a avec 5% de commissions. On a 1500 pesos en main soit environ 100 euros, avec çà, on ne pourra pas aller bien loin. On nous conseille d'aller trouver le maire. J'envisage d'appeler le consulat et la presse pour signaler le problème. Enfin, à force d'en parler autour de nous, des pistes s'ouvrent.
•  Avez-vous essayé la Poste  ? Vous pouvez peut-être retirer de l'argent 
!
On n'y croit pas trop mais qui sait !
On arrive dans un hall de 2m2. Un énorme ventilateur brasse la poussière installée là depuis des lustres. On attend patiemment notre tour, on sait faire maintenant car depuis près d'un mois et demi que nous sommes au Mexique, on a appris l'école de la patience. Enfin c'est notre tour et avec toute notre innocence, on tend fébrilement notre carte. Effectivement que ça ne marche pas ! Mais, comme on est plusieurs dans le hall, on nous conseille d'aller sur internet, sur le site de Western Union et là on demande que l'argent de notre compte aille Cancun .
•  A Cancun ? Mais où çà à Cancun ?
•  A Cancun ! On ne sait pas trop comment ça marche mais ça marche. Le buraliste confirme.  
A ce stade là, c'est du délire. On se rend sur le site WU, on passe la matinée à remplir des cases, à scanner des documents et la réponse tombe – l'argent arrivera à Holbox dans deux heures – Là, on est bluffé mais on reste sceptique
.
On retourne au bureau de poste, on transmet le dossier et l'homme nous confirme que l'argent sera là dans deux heures et miracle deux heures plus tard, nous sommes en possession de l'argent demandé. Inutile de vous dire que l'on va fêter ça et dignement. Ben ! fallait pas paniquer – Au Mexique tout est possible.  
Notre séjour peut enfin commencer et demain c'est le carnaval – on va danser.

 

 

ICI, PAS DE COMPLEXE, ON ASSUME SES 100 kgs MEME EN TUTU

 

IL Y AVAIT AUSSI DES HOMMES ENFIN « MAS OU MENOS »

 

 

MAURICE ETAIT TRES EN FORME CE JOUR LA !

 

 

QUELQUES CABANAS DU CENTRE VILLE

 

 

ET UN MARIAGE MAYA AU COUCHER DU SOLEIL

 

 

Isla Holbox on a adoré.

On y retourne l'année prochaine – promis!

On peut vous y emmener !