OAXACA



















L'arrivée dans les faubourgs de Oaxaca me laisse sceptique. Les favelas s'agrippent aux montagnes jusqu'au sommet. On dirait des boites empilées les unes sur les
autres. Je n'ose envisager le pire si l'une d'entre’ elles venaient a glisser, c'est tout un pan de montagne et de population qui serait entrainer dans cette tourmente.

La ville est chaude, animée, poussiéreuse, marchande. Partout des boutiques ambulantes envahissent les rues. C'est à peine si le taxi peut s'y faufiler. Je n'aime pas ce
genre d'arrivée emplie d'une impression d’étouffement. Trop de gens, trop de bruit, dans une atmosphère empressée. J'ai un mauvais pressentiment.
Les rues sont sales, défoncées. On poursuit des ruelles sans fin.
On se hasarde à demander au chauffeur si l'hôtel est encore loin. Non non, c'est là-bas ! Oui, bien sur, le temps, les kilomètres, les lieux ont une certaine élasticité, bien
différentes des nôtres. On se satisfait de cette réponse et on s'en satisfera en de nombreuses autres occasions.
Pour l'hôtel, comme d'habitude on a fait confiance au Routard, mais concernant les prix, il nous semble que plus on descend vers le Sud, plus les prix montent. Pour 25€ on a quand même réservé.
L'entrée de l’hôtel nous laisse perplexe. Le bureau est quasiment sur le trottoir.  On ne sait s'y on doit continuer à entrer ou rester dehors.  Les murs sont remplis de graffitis de clients de passage disant que les hôteliers sont gentils, charmants, qu'ils y ont passé un excellent séjour, alors on est tenté de pousser un peu plus loin l'aventure.
Une planche brinquebalante couverte de papiers poussiéreux fait office de bureau. On y inscrit notre nom, et on emprunte un très long couloir sombre et étroit, c'est l’habitation des hôteliers.
On passe derrière le bureau, un couchage en désordre nous laisse supposer que la personne qui a dormi la, a passé une mauvaise nuit. Un vague carton en guise de
matelas, des couvertures en désordre, nous laissent une impression de dégout. On poursuit plus loin et on longe sac à dos sur le dos, la cuisine, la table et l'évier avec les restes du repas qui sont encore très présents. Difficile de faire marche arrière vu l'exigüité du couloir, alors on passe au salon. Quelques sièges en plastique et la télé à 3 mètres au dessus du sol diffusant à tue-tête des émissions aussi hystériques que les présentateurs. Il y a la, les enfants, qui mangent les super produits multivitaminés présentés a la télé d'ailleurs ca se voit vu leur embonpoint naissant. A coté, le père qui regarde la télé et qui se fout des enfants qui mangent des cochonneries et en file indienne les grands-parents, petites choses rabougris qui se fichent de ce qui les entoure.

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C'est une route sans histoire qui nous amène a Oaxaca. Les paysages sont ternes et répétitifs. La campagne mexicaine du Nord au Sud et de l'Est à l' Ouest n'a rien
d'époustouflant et les villages traversés sont pour la plupart composés de pauvres masures de bois, de tôles et d'un laisser aller assez général. La population semble
ignorer ou se complaire parmi un environnement de poubelles éventrées, de bouteilles plastique entassées. Un autre facteur de pollution, les odeurs, qui nous rappellent
sans cesse la prudence dans les aliments achetés et les plats choisis.